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La presse à nouveau dans l'étau du pouvoir

Rédaction  — 18/08/2010

Le rapport sur le projet de loi portant régime de presse au Tchad a été adopté dans la mi journée du mercredi 18 août par les députés en seconde lecture par 82 pour, deux contre et 11 abstentions.

Ce projet comme l'a relevé un député lors des débats n'est qu'une copie relookée du premier, rejeté le 2 juin dernier par les élus du peuple. Comportant 10 chapitres et 83 articles, les chapitres du projet comportent des sections thématiques contenant un ou plusieurs articles. La cellule de Communication des Droits fondamentaux et libertés de l'assemblée a jugé que l'adoption de ce projet de loi permettra d'aborder les futures échéances électorales avec une presse libre certes, mais disciplinée par des limites légales. Le ministre de la Communication Kedallah Younouss Hamit ne pense pas autrement. « Ni liberticide ni répressif, ce projet de loi vise à dissiper, décanter le climat délétère qui prévaut depuis la promulgation de l'ordonnance 005 entre le gouvernement et les communicateurs », a-t-il martelé, expliquant que même les peines prévues sont préventives, dissuasives et voire même éducatives.

Mais les députés de l'opposition pensent autrement. Pour eux, les peines prévues poussent la presse tchadienne à disparaître. Le député Ali Golhor a trouvé que plusieurs articles constituent une épée de Damoclès suspendues sur la tête des journalistes. Pour sa part, le député Saleh Kebzabo le trouve illogique et anachronique. Comme son collègue Golhor il en appelle à la suppression de toutes les sanctions. Ainsi, l'article 47 de ce projet de loi prévoit une amende ou une peine d'emprisonnement n'excédant pas 6 mois. Les articles relatifs aux délits de presse et d'offense au chef de l'Etat sont supprimés. Dans le cas d'injure ou de diffamation, envers les personnes, la poursuite n'aura lieu que sur la plainte des personnes diffamées ou injuriée.

La cellule de Communication des Droits fondamentaux et libertés de l'assemblée a conclu que ce projet de loi dépénalise les délits de presse et sécurise le citoyen lésé par les éventuelles atteintes de la presse. De même, il favorise un climat de confiance dans le domaine médiatique du pays tout en gardant les acquis.

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