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Loi interprétative pour valider la candidature de Wade en 2012

Sud Quotidien (Dakar)   — 05/02/2011

La disposition constitutionnelle limitant le mandat du président de la République à deux qui fait par conséquent, obstruction à la candidature de Me Wade en 2012 pourrait être modifiée par le Parlement. Les libéraux veulent en tout cas clore le débat sur la validité de la candidature de Wade à la présidentielle de 2012.

C'est ce qu'a laissé entendre hier, jeudi 3 février Oumar Sarr ministre d'Etat, ministre de l'Habitat, responsable politique du Parti démocratique sénégalais (Pds) au cours du déjeuner de presse. Aliou Dia et Djibo Kâ respectivement Coordonnateur national de l'Alliance sopi pour toujours (Ast) et président de la commission des Sénégalais de l'extérieur de l'Ast ont tenté de relativiser la sortie de leur « camarade-frère » Omar Sarr. « Nous ne sommes pas dans une logique de modifier la loi fondamentale », diront-ils. Mais précisent les alliés de Wade, « nous allons introduire une loi interprétative à l'Assemblée nationale ». Le débat sur la validité ou non de la candidature du président Abdoulaye Wade en 2012 prend une autre tournure.

A en croire les déclarations de Oumar Sarr, ministre d'Etat, ministre de l'Habitat, hier, jeudi 3 février au cours du déjeuner de presse consacré pourtant sur l'audit du fichier électoral, les libéraux et leurs alliés veulent forcer le barrage. Le président de la commission des élections de l'Alliance Sopi pour toujours (Ast) ne s'est pas gardé de déclarer lorsque interpelé sur l'inconstitutionnalité de la candidature de Wade ceci : « personne ne peut nous interdire de modifier la loi limitant le mandat du président à deux ». Oumar Sarr d'ajouter : « on peut aller à l'Assemblée nationale et modifier la loi ». Le ministre de l'Habitat et non moins maire libéral de Dagana, a estimé aussi qu'ils pouvaient « proposer à l'Assemblée nationale une relecture de la loi limitant le mandat du président ». Djibo Kâ, président de la commission des Sénégalais de l'extérieur de l'Ast dans sa déclaration a préféré jouer la carte de la prudence. Il a déclaré dans la même foulée que « Abdoulaye Wade est éligible en 2012 ».

Mais, précise-t-il, « qu'à cela ne tienne, il n'est pas exclu qu'on vote à l'Assemblée nationale une loi interprétative pour que le débat sur la constitutionnalité de la candidature de Wade soit clos ». Aliou Dia, Coordonnateur national de l'Ast joue au sapeur-pompier. Selon lui, « ils ne sont pas dans une dynamique de modifier la loi fondamentale ». Il précise en outre que « seuls les juges du Conseil constitutionnel sont habilités à se prononcer sur la question de la constitutionalité de la candidature de Wade ». Mais, comme ses devanciers, il lance: « nous allons introduire une loi interprétative à l'Assemblée nationale ». Abdourahim Agne, président de la commission communication de l'Ast, a quant à lui, trouvé que le débat sur la candidature de Wade est purement et simplement juridique. L'opposition selon lui, cherche par des artifices d'invalider la candidature de leur candidat. Après Mamadou Diop Decroix, c'est au tour d'Oumar Sarr, ministre d'Etat, ministre de l'habitat, de monter au créneau pour défendre la crédibilité du fichier électoral. Le président de la Commission des élections de l'Alliance Sopi pour toujours (Ast) qui faisait face à la presse hier, jeudi 3 février, a déclaré qu' « il a été écrit et dit dans le rapport d'audit que le fichier électoral est crédible ». C'était à l'occasion d'un déjeuner de presse organisé et tenu dans un hôtel de la place par l'Ast sur le thème « les conclusions de l'audit international du fichier : enjeux d'un verdict ». Oumar Sarr, président des élections de l'Alliance Sopi pour toujours (Ast) a défendu hier, jeudi 3 février lors d'un déjeuner de presse que « le code électoral sénégalais prend en compte les exigences du suffrage universel, autrement dit la loi garantit à tout sénégalais âgé de 18 ans au moins de pouvoir s'inscrire sur les listes électorales ». Les listes électorales selon lui, sont mises à jour par des révisions régulières qu'elles soient exceptionnelles ou ordinaires ». A en croire le ministre de l'habitat de Wade, « les experts ont constaté que les modalités opérationnelles mises en place par le Sénégal pour la révision des listes électorales permettent aux citoyens de bénéficier de toutes les facilités d'inscription sur les listes électorales ». Il confie que « les experts ont également organisé un travail de terrain et l'enquête menée sur l'ensemble du territoire national a permis de mettre en évidence que les citoyens manifestent une confiance à l'administration électorale ». Mieux, il avance que « 93% des électeurs se déclarent satisfaits de l'emplacement de leur bureau de vote, seuls 7% le trouvent trop éloigné, 82% des citoyens majeurs sont inscrits sur le fichier électoral ». Cela a fait dire à Me Mbaye Jacques Diop, président du comité des Sages de l'Ast, que « le code électoral sénégalais est un des meilleurs codes au monde. Il remplit toutes les conditions de démocratie et de transparence.

Il est même plus fiable que le code français et meilleurs que le code américain qui, selon lui, est plus suspicieux malgré le fait que les Etats unis soient l'exemple de démocratie ». Comité de veille Une question qui n'a pas manqué à la vigilance de la presse : la présidence du comité de veille chargé de mettre en oeuvre les recommandations de l'audit. Les leaders de l'Ast sont pour tous sauf le professeur Babacar Guéye. Selon Aliou Dia et Oumar Sarr, c'est suspect que l'opposition dise que c'est le Pr Babacar Guéye ou rien ». Pour eux, « ce qui est bizarre c'est que l'opposition pense que qu'il n'y a que le professeur Babacar Guéye sur les milliers de sénégalais de la société civile qui peut présider le comité de veille. Ils estiment que d'autres sénégalais sont capables de présider ce comité. Raison pour laquelle ils appellent l'opposition à leur faire une autre proposition en dehors des trois premières personnes choisies et sur lesquelles ils n'ont pas trouvé un consensus.

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